Comment aidez-vous nos pensionnaires atteints de démence ?
En tant qu’ergothérapeutes, nous aimons accompagner nos pensionnaires au quotidien. Nous ne nous contentons pas de les aider, notre rôle va bien au-delà. Nous nous efforçons de stimuler leur autonomie en intervenant parfois modestement dans leur vie quotidienne, par exemple en aménageant leur espace de vie, en mettant la table, etc. Nous aidons ainsi les habitants à maintenir leur indépendance, ce qui est essentiel pour leur confiance en eux. Nous organisons aussi toutes sortes d’activités et de programmes spécifiques pour maintenir leurs capacités physiques, mentales et sociales.
Comment encouragez-vous les habitants atteints de démence à entraîner leur mémoire ?
Il est très important de partir de leur environnement et de leurs centres d’intérêt, car ils sont alors plus enclins à participer. Surtout si vous déguisez un ‘exercice’ en jeu de groupe ou en quiz. En procédant de la sorte, nous entraînons la mémoire à court et à long terme. À court terme, par exemple, nous leur demandons de se souvenir de cartes. À long terme : pour les fans de musique, nous organisons un quiz musical qui leur rappelle des souvenirs. Important aussi, les activités de groupe : les participants s’entraident et s’encouragent mutuellement, ce qui leur donne confiance en eux et permet de lutter contre la solitude.
Et quid de la démence à un stade plus avancé ?
Pour les personnes atteintes de troubles sévères de la mémoire, nous privilégions les activités basées sur les automatismes. Les tâches effectuées tout au long de la vie font appel à la mémoire motrice, souvent mieux préservée, notamment chez les patients Alzheimer. Tout aussi important que l’entraînement du cerveau proprement dit, il faut bien sûr mettre l’accent sur ce que les personnes atteintes de démence sont encore capables de faire. Cela les motive à continuer de s’exercer et leur donne en même temps confiance en eux. De plus, cela accroît leur indépendance. On se concentre aussi sur des sujets qui les intéressent. À un niveau qu’ils peuvent maîtriser, afin que tout le monde puisse participer activement. Nous avons ainsi des classeurs remplis de questions de quiz portant sur les contes de fées du passé, les images de lieux célèbres, etc.
Avez-vous d’autres types d’activités ?
Bien sûr ! Nous organisons des séances de création et d’artisanat. Ce sont des activités à court terme (la personne doit se souvenir des instructions), à long terme parce que des anecdotes du passé lui reviennent en mémoire, et motrices dans la mesure où la plupart des personnes se souviennent de la manière de procéder. Nous organisons également des séances de relaxation et de bien-être qui permettent au participant de trouver une certaine sérénité.
Autant d’activités qui offrent sans doute beaucoup de bons moments ?
Oui. Ainsi, lorsqu’ils ont participé à la préparation des pâtisseries pour la Semaine du Cœur, nous avons eu droit à toutes sortes d’anecdotes. De même, nous avons récemment eu une pensionnaire qui communique à peine, qui s’est subitement mise à chanter et s’est complètement épanouie. Mais il y a aussi plein de réactions amusantes comme «C’était la danse d’ouverture de mon mariage» ou «Oh, j’ai dansé sur les tables sur cette chanson» (rires). PimPamPet a toujours beaucoup de succès, ce jeu amusant et interactif dans lequel les habitants doivent trouver des mots commençant par une certaine lettre et appartenant à différentes catégories. On rit beaucoup.
Pour conclure : pourquo iaimez-vous tant faire ce travail ?
Sarina répond au nom de tout le groupe : «Ce que j’apprécie vraiment, c’est le lien tissé avec les pensionnaires. C’est extraordinaire d’entendre leurs histoires et d’apprendre à les connaître. J’éprouve énormément de plaisir à voir comment un petit geste ou une activité peut avoir un impact positif sur leur humeur et leur confiance en eux. Je suis très heureuse de pouvoir les aider à conserver leur indépendance de cette manière. Ils nous témoignent beaucoup de reconnaissance. Cela rend notre travail extrêmement gratifiant.»
Cet article est un résumé d’un très grand nombre de réponses données par des dizaines d’ergothérapeutes travaillant dans les 28 maisons de repos et de soins Anima. Merci à toutes et tous pour vos contributions et, bien sûr, pour votre engagement quotidien auprès de nos pensionnaires !